Journal de bord
La Cour a déjà vécu plusieurs vies.
Les Résidences Merveilleuses sont un dispositif visant à explorer l’hospitalité et le prendre soin sur trois terrains (HUG, EPI, hébergement d’urgence du CausE), en s’appuyant sur cinq principes : immersion dans les réalités quotidiennes, collectif engagé pour des réponses partagées, création d’expériences collaboratives, émergence des défis priorisés par les acteur·rice·s, et documentation pour capitaliser les apprentissages. Structuré en trois phases (observation, expérimentation, partage), le projet mobilise des groupes adaptatifs (résident·e·s, relais terrains, co-résident·e·s, comité terrain) pour co-construire des communs (récits, outils, méthodes) et inspirer d’autres initiatives, tout en ancrant une démarche de design social réplicable et collaborative.
Entretien avec Valérie Spagna
« Le but des communs, c’est de se mettre ensemble pour penser l’avenir, sans oublier ce qui a déjà été fait. »
Valérie Spagna est directrice de la fondation Carrefour-Rue & Coulou, dont l’objet est de proposer des réponses concrètes et adaptées aux besoins des personnes vivant dans la rue, mal logées ou démunies, en leur offrant hébergement, nourriture, hygiène, accès aux soins, activités et loisirs. En 2024, nous cheminions ensemble à Bruxelles lors d’un voyage exploratoire sur les lieux à impact social. Aujourd’hui, nous continuons de construire ensemble le futur des communs en Suisse Romande.
Elsa
Bonjour Valérie, je suis très heureuse d’échanger avec toi aujourd’hui pour discuter d’hospitalité, de lieux, et de prendre soin à Genève. Pour commencer, peux tu te présenterValérie
J’ai un parcours très ancré dans le travail social à Genève. J’ai terminé l’école sociale en 2004, puis je me suis rapidement orientée vers des structures d’accueil, de jour comme de nuit. J’ai ainsi acquis une connaissance terrain des questions de précarité et de sans-abrisme. L’accueil a toujours été au cœur de mon travail, que ce soit à l’association Bateau Genève, au Club social Rive droite (anciennement “Chez Bouby”), ou encore à la Ville de Genève, où j’ai été responsable des hébergements d’urgence. Dans ces lieux, souvent peu adaptés, nous cherchions avec mes collègues à rendre l’accueil le plus dignifiant possible, pour que les personnes puissent se restaurer, physiquement et psychiquement, même si leur séjour était temporaire.
Ensuite, j’ai travaillé dix ans au service social de la Ville de Genève, puis j’ai rejoint l’Armée du Salut. Pendant huit ans, j’y ai dirigé l’hébergement d’urgence, d’abord au chemin Galiffe, puis dans le cadre du projet de reconstruction du Passage, un nouvel hébergement H24 accueillant aujourd’hui 60 personnes sans abri. Ce projet a marqué un tournant : à Genève, l’hébergement d’urgence était traditionnellement nocturne (accueil de 20h à 8h). Le Passage a introduit une approche innovante, avec un accueil continu, 24h sur 24. Cette évolution a ensuite inspiré d’autres acteurs associatifs.
Depuis le 1er novembre 2024, je dirige la Fondation Carrefour Rue et Coulou, une institution genevoise historique, fondée par Noël Constant, pionnier du travail social de rue. La Fondation couvre un large spectre : besoins fondamentaux (hygiène, soins, alimentation), hébergement, mais aussi accès à la culture, aux activités de loisirs, et à la vie sociale.L’idée est de ne pas se limiter aux besoins vitaux, mais de permettre aux personnes de retrouver une place dans la société, de s’exprimer, de participer.
Noël Constant a toujours veillé à créer des dispositifs adaptés aux besoins réels des personnes, en s’inspirant de leur parole et de leur expérience. La Coulou, par exemple, est le premier hébergement d’urgence de la Fondation, né en 1986 dans l’urgence, et qui fête ses 40 ans cette année.
Mon parcours m’a aussi permis de me former, notamment via un DU sur le logement d’abord à Lyon, ce qui m’a ouvert les yeux sur les approches comme le Housing First. J’ai également eu l’opportunité de voyager en Finlande, aux Pays-Bas, en France Paris, Lyon, Lille) pour découvrir des projets innovants en faveur des personnes précaires ou sans abri, et m’en inspirer pour Genève, en les adaptant au contexte local. Genève est un canton riche, avec des organisations internationales, mais aussi une précarité sociale très visible. Ce contraste me frappe : comment, dans une ville aussi aisée, des personnes peuvent-elles vivre dans une extrême précarité ?
C’est une question qui me passionne. Aujourd’hui, avec mon équipe et l’histoire de la Fondation, nous cherchons à pérenniser ce qui existe et à faire évoluer nos prestations pour répondre aux besoins actuels.Elsa
Merci, Valérie. Pour rebondir sur ce que tu disais à propos de l’inspiration venue d’ailleurs : est-ce que tu pourrais nous en dire plus ? Est-ce que tu peux aussi nous parler des éléments qui t’ont particulièrement marquée à Bruxelles, où tu as participé à un voyage exploratoire (lien) organisé par les Fantastiques Communs?Valérie
Bruxelles m’a vraiment interpellée. En visitant certains lieux, je me suis dit : “Mais nous, à Genève, on a déjà connu ça !” Je pense notamment à la période des squats, comme le site d’Artamis, un lieu occupé par des associations, des artistes, des lieux culturels, mais aussi des personnes en situation de précarité ou de sans- abrisme. Ces espaces permettaient à des gens de se poser, de trouver une place, de participer à la vie collective. Aujourd’hui, la plupart de ces squats ont fermé. Il reste la Galerie ou le squat de la Tortue à Malagnou, mais cette vie alternative a largement disparu. Les personnes sans abri se tournent désormais vers les hébergements d’urgence.
À Bruxelles, j’ai découvert des lieux où cohabitaient activités culturelles, hébergement, petits jobs, et une vraie dimension collective. J’ai pensé : “Comment pourrait-on recréer ça à Genève ?” À la Fondation Carrefour Rue, j’ai retrouvé cette philosophie. Par exemple, à la Villa Bollacre, notre siège, il y a des bureaux administratifs, mais aussi un pôle culturel avec une radio, un journal La Feuille de Trèfle), des scènes ouvertes Le Code Barre), et même un intendant qui habite sur place et s’occupe du jardin. C’est un lieu vivant, où circulent des bénéficiaires, des bénévoles, des artistes… Chacun y trouve sa place. La Fondation gère aussi des arcades solidaires, comme une friperie ou une jouetterie dans le quartier des Grottes, tenues par des bénévoles et des personnes en réinsertion. Ces lieux permettent aux gens de se sentir utiles, considérés, et de retrouver un sens à leur existence. C’est fondamental, surtout dans une société aussi individualiste que la nôtre.
Avec le Covid, beaucoup de ces dynamiques se sont refermées. Les associations ont dû adapter leur accueil, et certaines activités ont disparu. Aujourd’hui, il est crucial de redéployer des dispositifs ouverts, où les gens peuvent se poser, trouver une écoute, participer. À Genève, ces lieux se font rares. Pourtant, c’est essentiel pour lutter contre l’isolement et la souffrance psychique, qui touchent de plus en plus de personnes. Nous avons une responsabilité, en tant qu’acteurs associatifs, de ne pas oublier ces publics.Elsa
Tu parles de la notion de tiers-lieu, qui est très en vogue en France. Est-ce que ce concept pourrait s’appliquer à Genève ? Ou est-ce qu’il faudrait plutôt inventer un autre terme, plus adapté au contexte local ?Valérie
Je ne suis pas sûre que le terme tiers-lieu soit la solution. À Genève, il y a toujours eu des lieux ouverts, d’accueil libre, où les gens pouvaient s’approprier l’espace. Le problème, c’est que ces lieux se sont raréfiés, surtout après le Covid. Aujourd’hui, il faudrait les multiplier, dans chaque quartier, et les rendre accessibles à tous, sans distinction. Les tiers-lieux dont on parle souvent sont parfois réservés à une élite – des universitaires, des professionnels… Or, il faut des espaces où chacun se sente bien, sans jugement, sans pression.
À Genève, il y a des initiatives, comme le Pavillon Sicli ou les Espaces de Quartier de la Ville, mais ils ne vivent pas toujours aussi bien qu’on le souhaiterait. L’enjeu, c’est de créer des lieux où l’on peut se poser, discuter, participer, sans avoir à répondre à des attentes précises. Et surtout, il faut former les travailleurs sociaux à cette notion d’accueil libre : aller vers les gens, prendre le temps de les écouter, gérer des situations parfois complexes.L’accueil, ce n’est pas juste ouvrir une porte. C’est prendre le temps, écouter, quel que soit le parcours de la personne.
Aujourd’hui, avec la montée des souffrances psychiques, nous devons aussi nous outiller pour accueillir ces publics, en collaboration avec des professionnels de la santé mentale.
Elsa
Et justement, en parlant de participation, comment faire pour inclure les personnes concernées – celles qui vivent la précarité au quotidien – dans la réflexion et la construction de ces lieux ?Valérie
C’est une question difficile. Les Fantastiques Communs, par exemple, sont un groupe de personnes qui vont bien, qui ont un emploi, une dynamique collective. Mais comment faire pour embarquer ceux qui sont en situation de précarité ? À la Fondation Carrefour Rue, les gens viennent pour nos services d’accueil, mais dans les processus de réflexion ou de création de nouveaux projets, c’est plus compliqué. À Genève, je n’ai pas encore trouvé de modèle associatif qui arrive à intégrer pleinement les personnes concernées dans ces démarches. Pourtant, c’est essentiel. Les publics ont changé, les besoins aussi. Il faudrait que les personnes concernées puissent apporter leur pierre à l’édifice, contribuer à l’avenir. Mais aujourd’hui, c’est souvent une élite qui réfléchit à ces questions.
Prenons l’exemple de la Coulou : c’est un hébergement autogéré, où 16 personnes vivent en collectivité, avec un minimum d’encadrement. Ce modèle fonctionne depuis 40 ans. Pourquoi ne pas s’en inspirer pour créer d’autres structures ? Au lieu de développer des hébergements d’urgence de 70 places, où les séjours sont limités dans le temps, on pourrait imaginer des petites structures où les gens pourraient s’impliquer, rebondir. En France, la pair-aidance (l’intervention de pairs aidants) est beaucoup plus développée, notamment dans le domaine de la santé mentale ou de l’hébergement. À Genève, c’est encore marginal. Pourtant, intégrer des personnes ayant vécu la rue dans les équipes de travailleurs sociaux, valoriser leur savoir expérientiel, ce serait une vraie richesse. Mais cela demande une ouverture d’esprit : accepter que des collègues n’aient pas de formation académique, mais une expérience de vie précieuse.Elsa
Les Fantastiques Communs travaillent sur la notion de commun. Est-ce que cela pourrait être une piste pour repenser l’hospitalité dans la ville, au-delà des lieux ?Valérie
Oui, je pense que c’est une très bonne approche. Le but des communs, c’est de se mettre ensemble pour penser l’avenir, sans oublier ce qui a déjà été fait. À Genève, il y a une longue histoire associative, avec des modèles qui ont fait leurs preuves. Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais de s’en inspirer, de les adapter aux réalités d’aujourd’hui. Les publics ont changé, les besoins aussi. Les jeunes, par exemple, sont peut-être moins collectifs qu’avant. Il faut redonner du sens au faire ensemble, à la participation. Avec les Fantastiques Communs, on a la chance de pouvoir réfléchir à ces questions, mais il faut veiller à ne pas exclure les personnes concernées. Comment les inclure dans ces processus ? C’est un défi. À la Fondation, nous essayons de développer des activités où chacun peut trouver sa place : ateliers d’art, radio, journal… Mais il reste du travail pour que ces dynamiques soient vraiment inclusives. Il faut que les personnes concernées se sentent légitimes, qu’elles aient envie de contribuer. Et pour cela, il faut leur donner les moyens, le temps, et surtout, ne pas les juger.
Rebattre les cartes
Nous sommes arrivées avec nos habitudes.
Celles qui nous aiguillent à trouver du sens dans les mots, qui nous poussent à vouloir comprendre rapidement ce qui se passe autour de nous. Celles qui nous font croire que regarder suffit pour voir.
Aux EPI, il a fallu ralentir.
Revenir.
Observer.
Accepter de ne pas comprendre tout de suite.
Certaines situations nous ont d’abord déconcertées. Des cris qui surgissent sans prévenir. Des mouvements saccadés, des gestes répétés encore et encore. Des silences aussi.
En observant les éducateur·rices au travail, nous avons compris qu’il allait falloir apprendre à lire à nouveau.
Lire une distance qu’on réduit ou qu’on augmente.
Lire une tension qui monte, une énergie qui déborde.
Lire ce qui se raconte quand les mots ne sont pas au premier plan.
Petit à petit, les cartes se sont rebattues.
Les cris nous ont moins surpris. Nous avons appris qu’ils n’étaient pas toujours le signe d’une souffrance ou d’un danger. Qu’ils pouvaient aussi être une grande joie, une frustration, une excitation, une émotion qui cherche simplement un passage pour exister.
Nous avons appris qu’ici, les émotions empruntent parfois des chemins plus directs. Elles arrivent sans détour, sans masque, sans filtre.
Et cela demande une attention particulière, une présence, une patience immense.
Car lorsque les émotions débordent, il faut bien trouver comment les accueillir.
C’est peut-être ce qui nous a le plus marquées. Cette capacité des équipes à s’ajuster continuellement.
À changer un rythme.
À modifier une approche.
À proposer un détour.
Comme si chaque journée consistait à accorder un instrument qui ne sonne jamais tout à fait de la même manière d’un jour à l’autre. Un travail minutieux, presque artisanal. Ici, personne ne semble appliquer une partition toute faite : on écoute, on ajuste.
Les équipes du jour prennent le relais des équipes de nuit. Chacune récupère quelque chose du mouvement précédent. Une histoire, une énergie, un équilibre fragile parfois.
L’accordage ne s’arrête jamais vraiment. On cherche toujours comment mieux habiter, comment révéler le meilleur de ce qu’il y a en chacun de nous, comment continuer à grandir ensemble.
Au fil des semaines, nous avons compris que le soin ne consistait pas seulement à accompagner des personnes.
Il consistait aussi à donner des formes habitables à ce qui déborde.
À créer des repères.
À rendre certaines situations un peu plus vivables.
À permettre à chacun de trouver sa place dans un monde qui n’est pas toujours réglé sur le même tempo.
Nous étions venues pour observer. Nous avons appris.
À ralentir, à regarder autrement, à accepter de ne pas tout comprendre immédiatement. À lire les gestes, les rythmes et les présences, à se faire à ce nouveau langage.
Les EPI nous ont appris que comprendre n’est pas toujours l’objectif. Que parfois, il s’agit d’abord d’être présent, d’écouter, de chercher ensemble une manière de se rencontrer, et de reconnaitre notre humanité commune, même lorsque celle-ci s’exprime dans une langue qui n’est pas la nôtre.Les Résidences Merveilleuses sont un dispositif visant à explorer l’hospitalité et le prendre soin sur trois terrains (HUG, EPI, hébergement d’urgence du CausE), en s’appuyant sur cinq principes : immersion dans les réalités quotidiennes, collectif engagé pour des réponses partagées, création d’expériences collaboratives, émergence des défis priorisés par les acteur·rice·s, et documentation pour capitaliser les apprentissages. Structuré en trois phases (observation, expérimentation, partage), le projet mobilise des groupes adaptatifs (résident·e·s, relais terrains, co-résident·e·s, comité terrain) pour co-construire des communs (récits, outils, méthodes) et inspirer d’autres initiatives, tout en ancrant une démarche de design social réplicable et collaborative.
Les EPI de Thônex I et II sont dédiés à l’accompagnement individualisé des personnes en situation de handicap et à l’insertion sociale et professionnelle. Leur mission s’inscrit dans une dynamique d’autodétermination, favorisant l’autonomie avec des prestations adaptées à chacun·e.Traverser la maison
Nous sommes entrées pour la première fois dans cette grande maison aux fenêtres bleues une matinée de décembre.
Nous y sommes restées des semaines. D’abord attablées discrètement aux tables de la cafétéria, nous cherchions quel chemin emprunter pour faire connaissance avec ce lieu. Alors on s’est tapies au creux de son hall et on a observé sagement.
Comment la lumière y pénètre ?
Qui y vient ?
Qui en sort ?
Comment se présente-t-on à elle ?Nous avons tendu l’oreille.
Aux conversations, aux mots qu’on échange autour d’un café, à tout ce qui se manifeste à bas bruit.Et puis, gentiment, la Maison nous a attrapées par la main.
Elle nous a fait arpenter ses couloirs, nous a accueillies derrière ses secrétariats, dans ses salles d’attente, elle nous a indiqué ses portes fermées.
Nous avons petit à petit adopté ses rythmes, ses habitudes, ses détours.
Au fil des cafés partagés et des parties d’Uno, elle nous a livré sa première leçon :
le soin ne tient pas seulement à des protocoles, mais à une manière d’essayer, continuellement, de faire autrement. De créer de la place, de jeter des ponts entre
les pratiques, de dresser la table pour de nouvelles invitées.La Maison nous a appris qu’accueillir ne signifiait pas simplement ouvrir des portes, mais que c’était surtout une manière de ne pas avoir peur de ce qui vient du dehors. Parce qu’accepter de la visite, c’est accepter que le mouvement donne vie, que le dehors transforme un peu le dedans.
La Maison a mis sur notre chemin des soignantes et des soignants, qui se retrouvent autour d’un café avant de repartir soutenir d’autres vies que les leurs. Des secrétaires qui accueillent et rassurent, autant qu’elles orientent. Des enfants qui courent, qui gribouillent ou qui s’impatientent. Des ados qui cherchent un coin où disparaître, ou un endroit où se relier à nouveau. Des parents fatigués, ou emplis d’espoir.
Cette grande Maison accueille tant d’émotions. Petit à petit, elle nous a également livré les siennes. Ses joies, ses succès, ses grands chagrins, ses tentatives ratées - celles qui prouvent justement qu’elle essaie.
Nous ne sommes pas venues ici pour produire un diagnostic surplombant, mais pour écouter ce que cette Maison essaye déjà de fabriquer : des passages plutôt que des barrières, des respirations plutôt que des procédures, un refuge en attendant que passe la tempête.
Chaque jour cette Maison accueille des personnes qui viennent chercher quelque chose : un rythme, un équilibre, de la confiance, du sens, des conseils, un peu de force pour mieux redémarrer.
Alors on a essayé, sans brusquer, de se glisser dans ses mouvements.
De voir là où ça circule bien, là où ça coince un peu aussi.
Là où l’on se rencontre sans que ce soit prévu.
Là où certains espaces attendent encore qu’on ose les habiter pleinement.On a avancé doucement. En laissant des carnets sur ses tables, en écoutant ses récits, en observant ses gestes qui rendent un lieu plus habitable, en y montant une cabane avec du scotch et du tissu.
Aujourd’hui, on vous convie à imaginer avec nous, parce qu’on ne prétendra jamais savoir mieux que la Maison ce dont elle a besoin. On a besoin de vous pour savoir comment on peut continuer ses élans, imaginer comment certains seuils pourraient être plus doux à franchir, comment certains espaces pourraient devenir plus appropriables et vivants, comment certains liens pourraient continuer à circuler, entre les étages, les équipes, le dedans, le dehors.
Les propositions qui suivent sont nées de là, de ce que la Maison a bien voulu nous livrer.
On a écouté du mieux qu’on pouvait.
Merci de nous avoir laissé tendre l’oreille.
Merci pour la confiance.
Merci d’essayer, chaque jour, de faire du soin une manière de rester humain ensemble.Les Résidences Merveilleuses sont un dispositif visant à explorer l’hospitalité et le prendre soin sur trois terrains (HUG, EPI, hébergement d’urgence du CausE), en s’appuyant sur cinq principes : immersion dans les réalités quotidiennes, collectif engagé pour des réponses partagées, création d’expériences collaboratives, émergence des défis priorisés par les acteur·rice·s, et documentation pour capitaliser les apprentissages. Structuré en trois phases (observation, expérimentation, partage), le projet mobilise des groupes adaptatifs (résident·e·s, relais terrains, co-résident·e·s, comité terrain) pour co-construire des communs (récits, outils, méthodes) et inspirer d’autres initiatives, tout en ancrant une démarche de design social réplicable et collaborative.
La Maison de l’enfance et de l’adolescence des HUG (MEA) est un lieu de soins pour les enfants et les jeunes, d’enseignement et de recherche qui se distingue par sa dimension ouverte sur la cité à travers la mission de la fondation Convergences.Et si les concierges étaient des facteurs d'hospitalité ?
Les concierges, qu’il s’agisse de concierges d’immeubles “traditionnels”, de concierges sociaux, dont le rôle est spécifiquement de faciliter le quotidien, ou de concierges qui interviennent dans des bâtiments professionnels, occupent une place particulière.
Par leur position, les concierges jouent un rôle clé dans l’accueil, et dans le lien entre les habitant.e.s, les usager.e.s, et les activités.
C’est cette dimension humaine, sociale et relationnelle de la conciergerie qui nous intéresse ici, en visant à faciliter le quotidien des habitants, à renforcer le lien social et à améliorer la qualité de vie dans les lieux d’habitation ou de travail.
Le document qui suit rassemble différents extraits et citations sur le sujet, qui proviennent de projets de terrain, de témoignages, et de la littérature, qui permettent de penser la conciergerie comme un facilitateur du bien habiter ensemble.
Bonne lecture !