La phase de prétotypage démarre, le rythme s’intensifie et les choses commencent à se concrétiser. Nos réflexions évoluent : du pourquoi au comment, guidées par des questionnements qui révèlent certaines tensions.
Quelle limite poser entre le fonctionnel et le sensoriel ?
Créer des prétotypes implique de penser à la structure, aux points de contacts, à la solidité, aux matériaux, à la fabrication. Mais comment accorder autant d’importance à la forme et à l’expérience, à ce qui est ressenti, vu, vécu et que l’on emporte avec soi ?
Quel équilibre trouver entre le réplicable et le spécifique ?
Les prétotypes développés répondent à des enjeux spécifiques, émergés dans chaque terrain, et doivent prendre en compte leurs spécificités, leurs normes, leurs dimensions, leur organisation. Mais comment y intégrer une dimension réplicable, capable de vivre sans nous pour être appropriée par d’autres structures ?
Quelle place donner au beau ?
Le beau est une notion subjective qui ne se limite pas à l’esthétisme visuelle mais englobe aussi la qualité de l’expérience qu’il procure. Nous y voyons une manière de prendre soin et de valoriser des contextes où le beau n’est pas toujours prioritaire. Mais comment ne pas perdre de vue le fond du projet, la richesse des réflexions qui ont fait émerger les hypothèses porteuses de sens ?
Quel impact pouvons-nous vraiment avoir ?
Nous mesurons l’importance, l’urgence et parfois la nécessité que les enjeux que nous adressons peuvent représenter pour les personnes qui habitent ces lieux. Mais comment répondre avec justesse et avoir un impact réel, alors que les réponses dépassent souvent nos champs d’action et que la durée du projet est limitée ?
Quelle liberté s’autoriser face aux règles existantes ?
Chaque structure a ses propres règles et son propre fonctionnement, normés et encadrés par des pratiques managériales et organisationnelles. Mais comment s’en affranchir pour introduire de nouvelles pratiques, en profitant de la liberté et du flou que peuvent offrir la démarche d’hypothèse et de test ?
Alors, nous dessinons, découpons, concevons, assemblons, maquettons à petite puis à grande échelle. Nous guidons nos réflexions avec de la matière pour échanger avec les terrains, faire des allers-retours et avancer, petit à petit, vers une proposition qui pourra bientôt être testée.




